30.05.2022 // Actualités générales

G-L-N : trois lettres pour la sécurité de l’approvisionnement

de Barbara Guder

Actuellement, l’abréviation « GNL » apparaît souvent dans les médias lorsqu’il est question d’assurer l’approvisionnement énergétique à court terme en Europe. En anglais, LNG signifie « Liquefied Natural Gas », et en français, « gaz naturel liquéfié ». En raison de la situation géopolitique, de nombreux pays européens cherchent actuellement des alternatives au gaz naturel acheminé par gazoduc depuis la Russie. En raison de l’urgence, les besoins ne peuvent pas être couverts par des énergies renouvelables. Les importations de GNL constitueraient une alternative à court terme qui permettrait à l’Europe d’être plus flexible en matière d’approvisionnement énergétique et ainsi moins dépendante des différentes sources d’approvisionnement en gaz naturel.

La demande annuelle de gaz dans l’UE s’élève actuellement à environ 400 milliards de mètres cubes (milliards de m³), ce qui représente environ un quart de la consommation énergétique totale de l’UE. Environ 26 % de ce gaz est utilisé pour la production d’électricité et environ 23 % pour l’industrie. Le reste concerne le secteur des ménages et des services, principalement pour le chauffage des bâtiments. Environ 10 % des besoins en gaz de l’UE sont actuellement couverts par la production locale. Le reste est importé, essentiellement de Russie (41 %), de Norvège (24 %) et d’Algérie (11 %). Pour la Suisse, la « Statistique globale suisse de l’énergie 2020 » de l’Office fédéral de l’énergie indique que le gaz naturel représente environ 15 % du mix énergétique du pays. L’origine du gaz importé en Suisse se répartit de manière similaire à celle de l’UE.

Comment le GNL est-il fabriqué et transporté ?
Aujourd’hui, le gaz naturel peut être livré non seulement par gazoduc, mais également par bateau. Pour un transport efficace, le gaz naturel est d’abord liquéfié en vue de réduire le volume de chargement. Pour ce faire, le gaz naturel extrait est transporté par gazoduc vers une usine de liquéfaction dans un port. Dans cette dernière, le gaz naturel est purifié du soufre, de l’azote et du dioxyde de carbone puis refroidi à environ -162 °C. La liquéfaction réduit le volume d’un facteur 600. Ensuite, le GNL est pompé dans les réservoirs isolants d’un navire-citerne destiné spécialement au GNL et transporté vers le port de destination. La forme sphérique caractéristique des réservoirs de GNL sert à optimiser l’isolation thermique et la contrainte de compression. Le volume de chargement habituel d’un méthanier se situe entre 125 000 et 147 000 m³, mais il existe déjà des projets de navires dont le réservoir peut contenir jusqu’à 250 000 m³. Une fois arrivé au port de destination, le GNL est pompé du navire de transport par un terminal GNL, chauffé puis injecté dans le réseau de gaz naturel. Sous cette forme, il peut être utilisé par toutes les applications du gaz naturel. Une utilisation directe du GNL est possible dans le domaine de la mobilité. Il peut être utilisé comme carburant pour les camions GNL et les navires propulsés au GNL. En Suisse, la mobilité par le GNL n’est pas à l’ordre du jour pour les poids lourds : il n’y existe que trois stations-service de GNL. Le secteur mise plutôt sur l’hydrogène renouvelable en guise de carburant alternatif. Des livraisons de GNL peuvent être achetées dans le monde entier auprès d’un grand nombre de pays. Le Qatar est actuellement, et de loin, le plus grand exportateur de GNL au monde, avec environ 170 milliards de m³ par an. Les autres grands fournisseurs (> 20 milliards de m³) sont l’Australie, les Etats-Unis, le Nigeria, la Malaisie, la Russie et l’Indonésie.

Le GNL et les objectifs de protection du climat
Le gaz naturel est et demeure un combustible fossile dont la combustion émet du CO2. Si l’on considère les émissions de gaz à effet de serre (GES) le long de la chaîne de processus pour l’importation de GNL, celles-ci sont plus élevées que pour le gaz de gazoduc. Ces émissions sont essentiellement dues à l’énergie nécessaire à la liquéfaction et à la compression pendant le transport. Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus les auteurs d’une étude allemande de 2019 intitulée « A quel point le GNL est-il écologique ? Courte étude sur l’évaluation des émissions en amont de l’utilisation du gaz naturel liquéfié (GNL) ». Ils expliquent : « Malgré les émissions en amont du GNL, les émissions totales sont généralement inférieures à celles des sources d’énergie basées sur le pétrole et le charbon, de sorte que dans certains domaines d’application, son utilisation peut également être appropriée à long terme. Du point de vue de la politique climatique et de l’efficacité énergétique, une utilisation accrue du GNL, notamment par rapport au gaz transporté par gazoduc, n’est pas justifiable. En revanche, le développement de l’infrastructure GNL dans le cadre de la transition énergétique peut contribuer à la diversification des pays exportateurs, notamment en ce qui concerne un futur marché pour les gaz renouvelables basés sur l’électricité, une meilleure sécurité d’approvisionnement ainsi qu’une concurrence accrue. »

Le GNL et la normalisation ISO
La normalisation internationale (ISO) étudie le thème du GNL depuis sept ans. Le comité de normalisation ISO TC 67 SC 9 « Equipements et installations pour le gaz naturel liquéfié (GNL) » a été fondé en 2015 et a développé depuis 14 normes ISO. La normalisation ISO couvre la chaîne d’approvisionnement en GNL, de l’entrée à la sortie des installations de gaz naturel/gaz naturel liquéfié, et englobe aussi bien les installations onshore qu’offshore. Les unités flottantes de stockage et de regazéification, appelées « FSRU » (de l’anglais : Floating Storage and Regasification Units), lesquelles devraient voir le jour en Allemagne, comptent également parmi ces installations. Une FSRU est un terminal GNL flottant où le GNL est pompé du méthanier et stocké ou injecté dans le réseau de gaz naturel sous forme de gaz naturel. Les FSRU peuvent être amarrées ou ancrées de manière permanente ou temporaire dans le cadre d’une installation de GNL dans un port protégé, à proximité de la côte ou en mer.

Au cours des deux dernières années, le comité de normalisation ISO TC 67 SC 9 a publié deux nouvelles normes ISO sur le thème des terminaux GNL flottants :
ISO 20257-1 « Installations et équipements pour gaz naturel liquéfié - Conception des installations flottantes de gaz naturel liquéfié - Partie 1 : Exigences générales »
ISO 20257-2 « Installations et équipements pour gaz naturel liquéfié - Conception des installations flottantes de gaz naturel liquéfié - Partie 2 : Remarques spécifiques concernant les FSRU »

Projets de normalisation actuels de la ISO TC 67 SC 9 :
Projet de norme ISO DIS 6338:2022 « Method to calculate GHG emissions at LNG plant »
Projet de norme ISO AWI 5124:2022 « Installations and equipment for LNG - LNG railcar applications »

Projets de normalisation actuels au sein du comité de normalisation européen CEN TC 282 « Installation and equipmentfor LNG » : Projet de norme prEN ISO 20519:2022 « Navigation et technologie maritime - Spécification pour le soutage des navires propulsés au gaz naturel liquéfié (ISO/DIS 20519:2020) »

Sources :
Commission européenne | Liquefied natural gas
Office fédéral de l’énergie | Statistique globale suisse de l’énergie
Association Suisse de l’Industrie Gazière | Provenance du gaz naturel
Bundesverband der Energie- und Wasserwirtschaft (fédération allemande de l’industrie de l’énergie et de l’eau) | Fiche technique
NGVA Europe | Carte des stations
Umwelt Bundesamt (office fédéral de l’environnement) | Courte étude : « A quel point le GNL est-il écologique ? »
Comité de normalisation | ISO TC 67 SC 9 « Liquefied natural gas installations and equipment »
ISO et CEN

Votre contact pour plus d'informations :
Barbara Guder, , Tél : +41 52 224 54 14

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